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Romancières des Lumières

ECF virtual issue, July 2018/Un numéro virtuel de la revue ECF
Dir. Isabelle Tremblay, Collège militaire royal du Canada

Introduction d’Isabelle Tremblay:

Depuis la publication de L’Écriture-femme de Béatrice Didier en 1981, on se demande s’il existe une essence de l’écriture féminine. S’il est vrai que le genre romanesque constitue pour plusieurs femmes de lettres un espace privilégié où s’interroger sur le rôle et la place des femmes dans la société des Lumières, il n’en demeure pas moins que l’écriture féminine n’existe pas, que les « romans de femmes » ne témoignent pas d’une spécificité ni de caractéristiques absolues et intemporelles. De la même façon qu’il existe des romans écrits par des hommes, il existe des romans écrits par des femmes. L’idée qu’on se fait des femmes à l’époque des Lumières et les préjugés qui pesaient sur leur sexe — sensibilité, naturel, spontanéité, modestie, réserve, douceur, docilité, etc. — ont dicté les conventions propres à la construction d’une « voix féminine » dont les hommes (Marivaux, Crébillon fils, Rousseau, Diderot, etc.) et les femmes (Graffigny, Riccoboni, Charrière, Genlis, etc.) ont tiré profit. L’élaboration d’un style féminin ou plutôt sa mise en scène repose sur toutes sortes de procédés et de stratégies de représentation du genre. La « performance du genre », c’est-à-dire sa spectacularisation par la fiction réalisée au moyen d’une « voix féminine », a dupé la critique qui s’est efforcée de trouver ce qui « relève en propre du féminin » et de s’imaginer une « tradition des romans de femmes ». Or, l’approche essentialiste, qui risquait de donner à lire les romancières dans une perspective proto-féministe homogène et de normaliser leurs discours, a permis d’infléchir l’oubli auquel l’histoire littéraire les avait condamnées en assurant une nouvelle visibilité à leurs textes. D’abord considérées en marge du canon littéraire appartenant à un groupe distinct, soit « The Other Enlightenment », les femmes de lettres sont sorties de l’ombre grâce aux numéros thématiques de revues, aux colloques et aux publications des sociétés savantes SIEFAR (www.siefar.org) et WIF (www.womeninfrench.org), au site web Women Writers’ Networks (www.womenwriters.nl), aux éditions de poche et à la numérisation. Les recherches effectuées pour découvrir des corpus et des auteures passés sous silence se poursuivent encore aujourd’hui comme l’attestent les articles récents de Marijn Kaplan, qui découvre une autre facette à l’œuvre de Marie-Jeanne Riccoboni — la poésie — et de Paul Young, qui porte son regard sur la production littéraire d’une auteure méconnue issue de la classe ouvrière, La Muse Limonadière, soit Charlotte Reynier Curé Bourette, maîtresse de café. …

Introduction d’Isabelle Tremblay: cliquez ici.

©McMaster University, 2018.

ECF articles on “Romancières des Lumières” are available at the free-to-read archive/
Articles ECF réunis dans ce numéro et disponibles dans les archives:

« Measuring Up: Infertility and “Plénitude” in Sophie Cottin’s Claire d’Albe »
Michael J. CALL,  ECF 7, n° 2 (1995): 185-202,.

« Roman d’amour et roman domestique: mutations du genre au tournant du XVIIIe siècle »
Shelly CHARLES, ECF 17, n° 3 (2005): 509-36.

« Gender and Reading in the Late Eighteenth Century: The Bibliothèque Universelle des Romans »
Martin HALL, ECF 14, n° 3-4 (2002): 771–89.

« Re-présentant les Lettres d’une Péruvienne en 1752: illustration et illusion »
Jonathan MALLINSON, ECF 15, n° 2 (2003): 227–39.

« Une nouvelle géographie épistolaire dans quelques romans féminins de l’Émigration »
Éric PAQUIN, ECF 14, n° 1 (2001): 31–48.

« Madame de Maintenon and the Literary Personality of Madame de Genlis: Creating Fictional, Historical, and Narrative Virtue »
Bonnie Arden ROBB, ECF 7, n° 4 (1995): 351-72.

« De Neuchâtel à la Martinique: espace et mouvement chez Mme de Charrière »
Guillemette SAMSON, ECF 12, n° 1 (1999): 61-73.

« Le Roman féminin des années révolutionnaires »
Marie-France SILVER, ECF 6, n° 4 (1994): 309-26.

Articles d’ECF mentionnés dans ce numéro et accessibles grâce à Project MUSE:

« Marie Jeanne Riccoboni’s Poetry: Rescued from the Flames and Piracy »
Marijn S. KAPLAN, ECF 29, n° 3 (2017): 373-97.

«”Une voix Plébéienne” in Eighteenth-Century France: Charlotte Curé, “La Muse Limonadière“»
Paul J. YOUNG, ECF 23, n° 2 (2010-11): 321-45.

Further reading/Liste d’ouvrages sur les romancières des Lumières en ordre chronologique inversé: pdf file, cliquez ici.

And very recently published further reading:

  • Femmes des Lumières: Recherches en arborescences, dir. Krief, Huguette, Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, Michèle Crogiez Labarthe et Édith Flamarion. Classiques Garnier, 2018.

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